Baromètre des candidatures — Québec 2026
Genre et accès aux comtés gagnables
Deux questions distinctes, par parti : les partis présentent-ils autant de femmes que d'hommes, et leurs candidates obtiennent-elles les circonscriptions où le parti est réellement compétitif ? Une liste paritaire peut cacher un placement inéquitable.
En date du 18 septembre 2026
Course aux 127 candidatures
Déclarations closes : les cinq partis présentent une équipe complète.
Parité comptable
Part de femmes parmi toutes les candidatures actives d'un parti, comparée à la cible démographique (femmes de 20 ans et plus au Québec, ISQ).
Écart de placement
Rang moyen des comtés confiés aux nouvelles candidates, moins celui des hommes, sur l'échelle des 127 circonscriptions ordonnées par force projetée du parti (0 = plus faible, 100 = bastion). Négatif = femmes dans de moins bons comtés. Les sortants et sortantes sont exclus. IC à 95 % par ré-échantillonnage ; p par test de permutation.
Ensemble des partis. Tous partis confondus, l'écart de placement des nouvelles candidatures est de +1,6 sur l'échelle de percentile (n = 540, p = 0,814) — aucun signe d'un placement globalement défavorable aux femmes à ce stade des nominations.
Ce que le baromètre montre sur le passé
L'outil est calibré sur deux scrutins connus. Il détecte un vrai déséquilibre quand il existe (2018) et conclut « rien à signaler » quand c'est le cas (2022) — un garde-fou contre les conclusions choisies d'avance.
2018 — La CAQ présentait le plus de femmes (52 %) mais les plaçait dans ses comtés les plus faibles : écart de −18 points (p < 0,001). Ses nouvelles candidates ont été élues à 37 %, contre 70 % pour ses nouveaux candidats. La vague caquiste a masqué le phénomène.
2022 — Aucun écart significatif dans aucun parti : les cinq ont placé leurs candidates de façon équitable. La CAQ a même rempli 79 % de ses nouvelles ouvertures avec des femmes.
Méthode et sources
Le genre est sourcé (titre officiel de député ou de députée, communiqués de parti en français genré, presse locale), jamais déduit du seul prénom ; une femme trans compte comme femme, un homme trans comme homme, les personnes non binaires sont affichées à part. La cible démographique vient des estimations de population de l'ISQ (2025). L'écart de placement mesure une distribution observable d'occasions électorales, pas une intention. Les candidatures retirées (ex. Gouin) sortent du calcul.
Fondement scientifique
Le phénomène des « candidates poteaux » (sacrificial lambs) et du « précipice de verre » (glass cliff) est documenté au Canada et ailleurs : les partis nomment parfois davantage de femmes dans les sièges perdus d'avance, gonflant la parité de façade sans partager l'accès au pouvoir.
Références
- Thomas, M. & Bodet, M.A. (2013). Sacrificial lambs, women candidates, and district competitiveness in Canada. Electoral Studies.
- Tolley, E. et al. (2023). Still sacrificial lambs? Yes! Minority groups in Canadian federal elections, 2015–2021. Electoral Studies.
- Ryan, M.K., Haslam, S.A. & Kulich, C. (2010). Politics and the glass cliff. Psychology of Women Quarterly.